Travailler à l'étranger



Partir, c'est mûrir un peu, surtout lorsqu'on est intéressé par sa profession, sans charges particulières et sans fil à la patte. La kinésithérapie vous étonnera par sa diversité, beaucoup plus à cause des approches différentes qu'à cause de techniques dissemblables.

Tout près, les 18 pays de l'Union européenne vous ouvrent les bras. En théorie, un simple dossier déposé au ministère de Tutelle des 18 pays vous apportera une réponse le plus souvent favorable avec un maximum de quatre mois d'attente. Il est possible qu'on vous propose de passer un test d'aptitude ou un stage, mais ne vous tracassez pas trop : vous avez le niveau !

Mais ce n'est pas parce que vous avez obtenu le droit théorique au travail que vous allez travailler. Il vous faut savoir que deux pays ont installé un numerus clausus d'installation (Danemark et Hollande). Là, il faudra s'inscrire sur une liste d'attente... mais tout peut arriver aux opiniâtres. Les revenus des professionnels libéraux et de leurs collaborateurs y sont plus intéressants qu'en France.
Si vous avez tenté votre chance en Belgique, assurez-vous de la langue parlée dans le secteur où vous allez et soyez patients : ce pays bat tous les records de pléthore en kinésithérapeutes, et l'exercice y est forcément peu accessible.

Du côté du Luxembourg, le trop-plein est aussi atteint.
En Allemagne, pour quelques temps encore, vous pourrez trouver à exercer dans des conditions de rémunération fort correctes. Au Royaume-Uni également.
L'Italie et l'Irlande présentent des difficultés très différentes : le système de santé est nationalisé, avec très peu d'acteurs en Irlande (pauvreté), et très peu d'organisation en Italie où il est admis qu'on pourra développer, pour vivre, une clientèle non déclarée. Cela ne s'apprend pas sans perturbations !
Le cas du Portugal est très original : rien ne s'y exerce sans un passage obligé des patients devant un physiatre prescripteur.

L'Espagne est encore ouverte à une installation libérale, bien qu'elle engage la quasi-totalité de ses ressources kinésithérapiques dans les centres de rééducation.
Enfin, en Grèce, c'est la pauvreté qui vous freinera le plus.
Où que vous attire le hasard ou votre cœur, n'oubliez jamais de vous adresser à l'Association professionnelle nationale en vous recommandant de la FFMKR. Vous serez bien accueilli, et surtout bien conseillé (liste dans ce guide).

Le reste de l'Europe ne présente pas de difficultés monstrueuses mais vous risquez d'être affecté à un poste de niveau inférieur, ou de ne pas avoir le droit de vous installer, ceci pendant une période probatoire plus ou moins longue. C'est le cas en Suisse par exemple.
Dans les pays nordiques, chaque professionnel est accepté pour ce qu'il est mais il devra s'adapter au climat...
Il est évidemment possible de s'aventurer dans l'Europe de l'Est où beaucoup est à faire. Mais attendez-vous à des rémunérations très faibles et ne pensez pas à l'installation libérale.
La présence d'un kinésithérapeute français au Moyen-Orient, en Afrique ou autour de l'Océan Indien fait plus songer à une mission qu'à un plaisant divertissement. Le contact avec les ambassades et avec les organisations caritatives semble être nécessaire.

Mais, revenons sous des cieux plus cléments : trois pays d'excellent niveau en kinésithérapie acceptent les kinésithérapeutes français : ce sont les Etats-Unis d'Amérique, le Canada et l'Australie. Dans chacun, il faudra veiller à doublonner les démarches (fédérales et localement). Les situations sont très diverses selon les Etats mais correctement rémunérées.

Aux Etats-Unis, le marché est très ouvert car on y manque de physical therapists et un déficit de nouveaux diplômés exagère chaque année une telle situation. Attention, pas question de se diriger vers la profession de "physical therapy assistant" mais vers celle de physical therapists. De nombreux recruteurs se chargent des formalités (visa H1), préparent à une autorisation temporaire d'exercer, puis dans les six à dix mois qui suivent à un examen donnant la licence (350 questions QCM).

Au Canada et en Australie, on peut vous demander de prouver vos connaissances avant de vous délivrer une autorisation provisoire d'exercer.
Il reste l'Amérique du Sud, où la kinésithérapie est contrôlée et dispensée correctement mais insuffisamment. Là encore, ce sont les moyens financiers qui manquent.
Quels que soient vos choix, vous aurez à vous adapter à l'organisation des soins du pays et à entrer en relation avec l'équipe soignante et les patients dans une langue à maîtriser le mieux possible. En échange, vous pourrez acquérir des connaissances nouvelles, d'autres concepts, d'autres démarches. C'est très positif. Bon voyage !

Humanitaires :
Les kinésithérapeutes savent s'impliquer sur le terrain de l'aide humanitaire et plusieurs organisations non gouvernementales ont recours à eux, dont les deux principales sont :
Kinésithérapeutes du Monde - 14, rue Colbert, 38000 Grenoble - Tél. : 04 76 87 45 33 - Fax : 04 76 47 32 82 (missions de 6 mois minimum).
Handicap International - 14, avenue Berthelot, 69361 Lyon cedex 07 - Tél. : 04 78 69 79 79 (missions de 2 ans minimum).



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